L'adaptation: le texte français

 

Le principe

A l'aide du travail du détecteur (la bande mère), l'adaptateur "traduit" le texte original. Pour renforcer cette détection il peut même ajouter lui-même sur la bande mère le texte dans la langue originale. C'est à dire qu'il va, au crayon, caler sur les signes de détections les dialogues anglais, allemands, italiens, etc...
Cette opération est impossible, bien entendu, lorsqu'il s'agit d'une langue ayant un alphabet différent comme l'hébreu ou l'arabe, sans parler du japonais !
L'auteur, qui travaille souvent sur une machine comme celle que le détecteur utilise afin de pouvoir aisément se référer à l'image sans avoir à courir à son magnétoscope, écrit son texte sur la bande mère (et toujours au crayon gras) sous les signes de détection, en le calant sur ces signes (ainsi que sur le texte original lorsqu'il l'a écrit). L'auteur doit respecter:

1°) le sens
2°) les labiales
3°) les différences de mentalité d'un pays à un autre.

Il ne s'agit donc en aucun cas d'une traduction littérale, tant et si bien que l'adaptateur, ou dialoguiste, peut parfois prendre les libertés avec l'original.Un bon texte français doit aussi, et peut-être par-dessus tout, permettre aux comédiens français de coller au jeu des interprètes auxquels ils vont prêter leurs voix.

Pour les long métrages, c'est parfois le distributeur qui fait appel à un auteur précis avec lequel il a déjà travaillé. Dans ce cas, il peut arriver qu'il le rémunère directement. Mais en général (dans 95% des cas des oeuvres doublées), le client donne une somme globale à une société de doublage dont le travail sera de trouver l'adaptateur, des comédiens, des techniciens, d'organiser le planning et de s'occuper de toutes les transactions financières. Ce sont alors ces sociétés qui rémunèrent le dialoguiste.

Les contraintes

1°) Les délais
A l'inverse du scénariste, ou du traducteur litté,raire, l'adaptateur a peu de temps pour travailler. Les délais varient cependant en fonction de multiples facteurs. Pour des films dits "prestigieux" comme des long métrages de Spielberg ou Cameron, il va sans dire que les délais sont plus confortables et l'auteur peut vraiment s'investir dans son travail et rentrer dans le film afin d'y être très à l'aise. Mais il s'agit bien entendu d'exceptions! En général, un adaptateur écrit environ 5 minutes de film par jour. Mais tous les films ne se ressemblent pas, ni toutes les minutes: quand on a des scènes d'action, on peut prévoir 10 bonnes minutes par jour. Autre probl&eagrave;me, les contraintes financières. Certaines sociétés de doublage, pour obtenir le marché et "décrocher une série", établissent des devis de plus en plus serrés, ce qui signifie que les enregistrements ont lieu sur des périodes de plus en plus courtes et qu'on demande aux adaptateurs de revoir sérieusement leurs tarifs. La tentation est d'accepter et donc pour compenser de travailler plus vite, ce qui explique que certains textes comportent de vraies "perles" ou des phrases dénuées de tout sens! Pour résumer, un épisode de 20 minutes (durée standard) prend à son adaptateur 4 à 5 jour en moyenne.

2°) L'image
En général, ce qui va poser problème est l'éxagération de l'articulation de certains comédiens. L'adaptateur redoute également les gros plans où il devient délicat de négliger le synchronisme. Il lui faut donc savoir faire quelques concessions quant au sens de la phrase, ce qui est loin d'être facile lorsqu'il s'agit de productions complexes!

Le travail de l'auteur consiste donc à adapter la traduction du texte original (que ce soit ou non lui qui l'ait faite) de telle sorte qu'elle soit synchrone, c'est à dire corresponde le plus possible aux mouvements de lèvres des personnages vus à l'image. Les labiales (c'est à dire les consonnes B M P, qui impliquent une fermeture des lèvres) étant des points d'appui essentiels, difficilement contournables dans les gros plans. C'est à dire qu'une labiale dans l'original implique presque obligatoirement une labiale dans le texte français au même endroit. Mais l'adaptation doit également respecter les intentions du texte original, plus encore que son sens littéral.

3°) Le vocabulaire spécifique
Pour certaines productions se déroulant dans des milieux particuliers (le sport ou la médecine, par exemple), il faut un maximum de précision pour conserver la crédibilité. Certaines sociétés font ainsi appel à des spécialistes (un vétérinaire pour certaines saisons d'Urgences!) qui tiennent un rôle de consultant pendant l'adaptation...
De plus, même si les dialoguistes, en principe, traduisent eux-mêmes en français le texte original, il peut être difficile de trouver des auteurs connaissant à la fois la technique du doublage et certaines langues peu répandues en France. Un interprète est alors requis, qui va fournir à l'auteur une traduction littérale du texte original, à partir de laquelle l'auteur va se charger de faire le texte français qui sera enregistré en studio.

Quelques exemples...

Le texte adapté est en suite inscrit sur la bande rythmo: c'est la calligraphie.